Le constat n’a rien de nouveau. Métropoles, départements, régions, acteurs de l’information géographique, sans compter les opérateurs et les ministères… chacun a son portail quitte à dupliquer certaines données. Et si Data.gouv est le point « unique » pour accéder à l’open data, il doit « moissonner » aujourd’hui plus de 500 plateformes.
L’alliance IGN-Dinum au service de la rationalisation
Pour Walter Arnaud, nouveau directeur interministériel du numérique et futur responsable d’Ariane, il faut « rationaliser » tant les infrastructures, les standards que les doctrines. La Dinum va donc « travailler à une offre plus cohérente pour stocker, héberger et diffuser des données publiques ». Le haut fonctionnaire passé par le ministère de la Défense plaide ainsi pour une approche « régionale » afin d’éviter la dispersion. Ce n’est cependant pas trop s’avancer : Recia (Centre-Val-de-Loire), les Pays de la Loire, Grand Est ou encore l’Occitanie sont déjà dans des approches fédératives.
Pour accélérer la rationalisation, la Dinum s’allie avec l’IGN, dont la plateforme cartes.gouv (notre article du 15 décembre 2025) a définitivement remplacé le Géoportail le 30 septembre. La Dinum et l’IGN ont signé il y a deux semaines une lettre commune pour bâtir une « offre mutualisée à destination des acteurs publics ». Un pilote est annoncé sur la région Occitanie. Parallèlement à une synchronisation avec data.gouv, les géodatas le seront avec cartes.gouv.fr, le processus alliant catalogage national et visualisation.
Portails thématiques et logique de datalake
Pour favoriser les usages, la Dinum va aussi renforcer les logiques thématiques, à l’image de transport.data.gouv qui donne accès à des données issues de multiples entités publiques comme privées. C’est ainsi qu’ont vu le jour ecologie.data.gouv.fr, culture.data.gouv.fr, meteo.data.gouv.fr, ou, plus récemment, accessibilite.data.gouv.fr. Lancé en mars avec le soutien de la CNSA et de la Délégation interministérielle à l’accessibilité, ce point d’accès unique aux données d’accessibilité, couvre neuf thématiques, de la vie quotidienne au tourisme, et s’articule avec data.gouv.fr et cartes.gouv.fr.
La logique sous-jacente est celle d’un data lake : data.gouv.fr rassemble les sources de données, et un site thématique statique les met en scène, utilisant des connecteurs pour proposer une première forme de valorisation. Plusieurs ministères devraient proposer des sites thématiques dans les mois à venir.
Pérennisation du service public de la donnée
Le service public de la donnée de référence (SPDR) est par ailleurs conforté. On rappellera que ce service a été créé par la loi Lemaire de 2016 et concerne des données comme la base Sirene, l’adresse ou le cadastre. Il induit des garanties de maintenance, de mise à jour et une haute disponibilité pour ces données requêtées intensément. Le catalogue est cependant resté cantonné depuis 10 ans à 9 bases, les moyens affectés à certaines bases, comme la base adresse locale qui alimente la BAN, étant même menacés par des restrictions budgétaires (notre article du 21 juillet 2026). L’Etat annonce la « pérennisation » du SPDR et son enrichissement avec l’arrivée du référentiel national des bâtiments (RNB), issu de la fabrique de la donnée territoriale.
Des données accessibles via l’IA
La mission d’aide à la publication de data.gouv est également confortée. Chaque organisation, dont les petites collectivités rencontrant des difficultés à remplir leurs obligations d’ouverture, peut configurer sa page sur data.gouv, publier sans frais ses données, l’éditorialiser, mettre en avant des réutilisations ou des API et gérer ses espaces de discussion.
Le serveur MCP, lancé début 2026 à titre de test a été confirmé. Pour mémoire, il s’agit de permettre à un LLM comme ChatGPT ou Claude de se brancher à data.gouv pour rechercher des données, réaliser des tableaux de bord ou des visualisations. Le fait de laisser la porte ouverte à un éventuel « pillage » a été soulevé… Pour Geoffrey Aldebert responsable du pôle Données de la Dinum ces outils sont déjà utilisés par le grand public et il vaut mieux que les LLM se fondent sur des données fiables plutôt que d’induire en erreur les citoyens et les entreprises qui les utilisent.
Certaines fonctions IA vont aussi être proposées directement au niveau du portail début 2027 avec la possibilité de générer des visualisations et des tableaux de bord par simple prompt, Quant aux agents de l’État, ils auront bientôt accès aux données de data.gouv via L’Assistant, le chatbot IA des ministères.
La Fabrique de la donnée territoriale, un an aprèsLa Fabrique de la donnée territoriale a fêté son premier anniversaire après avoir montré, par l’exemple, tous les avantages d’un dialogue entre territoires, ministères et IGN pour créer des géocommuns. Au-delà du référentiel national des bâtiments ou de l’accessibilité, un point a été fait sur les chantiers lancés l’an dernier. – Débroussaillement : à partir des outils de la DDT de la Drôme, une couche nationale produite par l’IGN couvre désormais 52 départements, soit près d’un quart du territoire métropolitain. Elle permet de visualiser les périmètres définis par arrêtés (50 à 100 mètres) avec l’idée de fournir aux maires, dans le respect du RGPD, l’identité des propriétaires. Elle va être standardisée par le Cnig et sera diffusée dès cet automne sur cartes.gouv.fr. – Limites administratives : une date limite unique de notification des changements en préfecture, le 30 septembre comme pour la DGFiP, a été proposée pour une publication au 1er janvier. – Voirie : le recensement des quelque 900.000 km de voies communales et chemins ruraux fait l’objet d’une preuve de concept en lien avec Mes Adresses (base adresse locale). Celle-ci alimentera à terme un référentiel national des routes intégrant l’ensemble des voies publiques. – Enfin, Panoramax (le street view libre) poursuit sa croissance, a mis sa fondation sur les rails pour mieux essaimer de par le monde. Trois nouveaux chantiers ont été validés par le comité des partenaires : – Données de mobilité : accompagner les collectivités dans l’acquisition et l’usage de traces de mobilité (traces GPS), pour connaître les flux et nourrir les plans de mobilité. – Refuges climatiques : créer une carte des lieux de fraîcheur en s’appuyant sur les initiatives de Toulouse et Lyon, en lien avec l’Ademe. – Mes Données Territoriales : donner aux collectivités une vue des données disponibles sur leur territoire, notamment celles où leur contribution est attendue. |
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