Des minibus autonomes sans conducteur à bord pourraient faire leurs premiers tours de roue dès 2028 sur le territoire de Paris-Saclay, Versailles Grand Parc ou Saint-Quentin-en-Yvelines. La présidente de l’autorité organisatrice de la mobilité pour la région, Valérie Pécresse, a annoncé ce 10 septembre un premier projet de transport collectif de passagers avec des navettes sans conducteur et posé les différents jalons de sa stratégie pour accompagner la structuration d’une filière européenne, en suivant les exemples de villes comme Hambourg et Oslo.
Ce projet pilote pourrait selon elle « bien marquer un tournant dans l’histoire des mobilités franciliennes », l’ambition d’Île-de-France Mobilités étant « de devenir la référence des transports collectifs autonomes dans le monde ». « Il existe aujourd’hui des véhicules autonomes qui atteignent un niveau de maturité pour le transport de passagers en Chine et aux Etats-Unis. Toutefois, il n’y a pas, à date, de véhicule de série pour des navettes de transports collectifs en France », a t-elle appuyé. La présidente de la région Ile-de-France a évoqué son déplacement à Washington, en avril dernier, lors d’un congrès de l’APTA, association qui regroupe toutes les autorités organisatrices de transport et les opérateurs des États-Unis, pour souligner que l’intégration des véhicules autonomes représente une perspective clé pour compléter l’offre de transport en commun en Île-de-France.
Après le lancement d’une stratégie nationale du développement des véhicules autonomes en 2018 (révisée en 2025), des expérimentations de mobilité autonome permettant de tester des services, en milieu ouvert et en complémentarité de réseaux classiques de transport, ont fleuri sur le territoire notamment à Saint-Quentin-en-Yvelines. Preuve que les choses bougent, un arrêté paru début août (lire notre article du 2 septembre 2026) ouvre la voie à l’homologation des premiers véhicules autonomes de livraison, après là encore plusieurs expérimentations réalisées notamment à Montpellier dès 2019 dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir.
Un déploiement évolutif en trois ans sur des lignes locales
Le projet pilote de transport collectif autonome sera lancé par Île-de-France Mobilités début 2028 sur des lignes locales et services à la demande, avant un passage d’échelle à l’horizon 2030, et à terme plus de 100 véhicules en circulation. Côté budget, l’enveloppe dédiée atteindra jusqu’à 20 millions d’euros par an.
Les premiers territoires ciblés – Paris-Saclay, Versailles Grand Parc et Saint-Quentin-en-Yvelines -, sont déjà au cœur d’un écosystème très actif autour de la mobilité autonome, avec en particulier l’implantation à Versailles de l’institut Vedecom, un centre de recherches consacré aux mobilités durables, innovantes, décarbonées, ainsi qu’aux véhicules autonomes et communicants. L’objectif est d’offrir des nouvelles lignes complémentaires au réseau de transport existant dans les zones peu denses et moins desservies, en heures creuses ou en soirée. Île-de-France Mobilités y voit donc aussi un enjeu de mobilité durable afin de contrer le développement de l’autosolisme, de la congestion routière et du trafic, qui sont actuellement inhérents aux robotaxis. A titre d’exemple, le taux d’occupation des véhicules Waymo en Californie reste faible : 0,73 passager par véhicule, 90% des robotaxis avec deux passagers ou moins, et seulement 3% des véhicules avec quatre passagers.
Pour ce faire, il faut également homologuer les véhicules et faire la démonstration de la sécurité du système. Le projet d’Île-de-France Mobilités va démarrer par le choix de(s) l’opérateur(s) et des véhicules, avant le lancement du marché et la phase de mise en concurrence en 2027. Des constructeurs comme Renault et Volkswagen qui développent des modèles de navettes autonomes pourraient être intéressés. Qui dit expérimentation dit évaluation en continu afin d’identifier les enjeux techniques et sociétaux (acceptabilité) qu’il faudra prendre en compte pour un développement à plus grande échelle.
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