On distingue 2 types de chiffrement, selon la façon dont est gérée la clé.
Le chiffrement symétrique : une seule clé pour tout le monde
Dans le chiffrement symétrique, la même clé sert à la fois à chiffrer le document et à le déchiffrer. C’est le système le plus simple : vous verrouillez la boîte avec une clé, et votre destinataire l’ouvre avec la même clé. Les logiciels de compression (une archive ZIP protégée par mot de passe, par exemple) fonctionnent sur ce principe.
Simple à mettre en œuvre, il s’avère plus limité pour échanger des informations. En effet, comment transmettre la clé (le mot de passe) au destinataire sans qu’un tiers puisse l’intercepter ? A minima, il convient d’utiliser des canaux différents pour les transmettre : si le document chiffré est envoyé par courrier électronique, la clé peut être envoyé par SMS. C’est le problème fondamental du chiffrement symétrique dès qu’il s’agit de partager des données avec d’autres personnes.
Le chiffrement symétrique est également utilisé pour le chiffrement de disque qui permet de chiffrer l’intégralité du contenu d’un ordinateur ou d’une clé USB. Si l’appareil est volé, le voleur ne peut pas lire les données sans le mot de passe. C’est une protection utile et à activer systématiquement. Mais dès que l’ordinateur est allumé et connecté, les données échangées avec l’extérieur sont déchiffrées et redeviennent lisibles par l’utilisateur, mais aussi par tout réseau ou tout service en ligne auquel ces fichiers sont ensuite envoyés. Le chiffrement de disque ne protège donc pas les données une fois qu’elles quittent l’appareil : il ne protège pas contre un rançongiciel actif sur la machine connectée, un hébergeur cloud qui stocke les fichiers en clair, ou une fuite de données chez un prestataire.
Le chiffrement asymétrique : une clé pour verrouiller, une autre pour ouvrir
Le chiffrement asymétrique résout ce problème avec une idée ingénieuse : chaque utilisateur dispose de deux clés mathématiquement liées mais distinctes.
- La clé publique peut être librement partagée avec tout le monde. Elle sert à chiffrer un message à l’attention de son propriétaire.
- La clé privée n’est connue que de son propriétaire. Elle seule permet de déchiffrer les messages que d’autres lui ont envoyés en utilisant sa clé publique.
Imaginez un cadenas ouvert (la clé publique) que vous distribuez librement : n’importe qui peut s’en saisir, y glisser un document et le refermer. Mais seul vous possédez la clé qui ouvre ce cadenas (la clé privée). Vous pouvez distribuer autant de cadenas ouverts que vous le souhaitez, personne ne pourra les ouvrir à votre place.
C’est sur ce principe que reposent les technologies de chiffrement de bout en bout utilisées aujourd’hui pour sécuriser les communications et les partages de fichiers entre plusieurs personnes.
Pourquoi chiffrer les données de son entreprise ?
Un rempart contre les attaques rançongiciels
Les rançongiciels (ou ransomwares) sont aujourd’hui une menace réelle qui pèse sur les TPE PME. Si ce n’est pas la menace la plus fréquente (elle représentait 8,1 % des demandes d’assistance auprès de cybermalveillance en 2025), elles est la plus redoutable et la plus impactante pour une organisation.
Un logiciel malveillant s’introduit dans le système d’information, souvent via une pièce jointe piégée reçue par courrier électronique, et chiffre l’ensemble des fichiers de l’entreprise, qui en perd l’accès. Les attaquants réclament alors une rançon pour restituer les données. Si les données d’une entreprise sont centralisées sur un serveur non cloisonné, une seule attaque peut tout compromettre simultanément.
Une protection contre les attaques par interception
Le recours croissant à des services en ligne, tels que le cloud ou les services SaaS, qui permettent de gérer ses données sur un serveur distant, exige de faire transiter les données sur les réseaux. Si les données ne sont pas chiffrées elles sont soumises à des risques d’interception.
Lorsque les données sont chiffrées, elles sont beaucoup plus difficiles à intercepter et à comprendre pour un attaquant : même s’il parvient à obtenir les données chiffrées, il ne pourra pas les lire sans la clé de chiffrement appropriée.
Une souveraineté des données et une conformité vis-à-vis des réglementations
Les principaux fournisseurs de services numériques (cloud, stockage en ligne, suites bureautiques) sont majoritairement américains. Leurs données, même hébergées en Europe, peuvent être soumises à des législations américaines qui autorisent les autorités américaines à y accéder sans nécessairement en informer les entreprises européennes concernées. Pour une entreprise traitant des données couvertes par le secret professionnel ou relevant du RGPD, cette situation soulève des questions légitimes de conformité et de responsabilité juridique.
Les réglementations sur la protection des données encouragent ou exigent le chiffrement des données, selon leur niveau de sensibilité. Le chiffrement permet de se conformer aux exigences relatives à la protection des données personnelles définies par le RGPD.
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