Réunis le 29 mai 2026 à Bercy sous présidence française, les ministres du Numérique du G7 ont signé une déclaration commune avant le sommet des chefs d’État à Évian (15-17 juin) autour de quatre sujets :
– IA sûre et responsable,
– accélération de l’adoption de l’IA,
– résilience et durabilité du numérique,
– la protection des mineurs en ligne.
La déclaration commune adoptée par le G7 numérique vendredi 30 mai 2026 admet ainsi formellement, « pour la première fois » souligne la présidence française, que les technologies numériques consomment une part croissante des ressources naturelles et que l’essor de l’IA accroîtra la pression sur les réseaux électriques. Les ministres du G7 se sont engagés à optimiser l’efficacité énergétique des centres de données et des réseaux, à promouvoir l’écoconception et l’économie circulaire, et surtout à mesurer l’empreinte environnementale sur la base de méthodes communes.
Détection des deepfakes et définition de l’IA libre
Plus concrètement, la France a obtenu un engagement de 56 entreprises et organisations sur l’IA sûre et responsable, dont Amazon, Google, Microsoft, OpenAI, Mistral AI ou encore la RATP et Dassault Systèmes. Celles-ci se sont engagées à publier leurs pratiques de gestion des risques dans le cadre du Processus d’Hiroshima sur l’IA lancé en 2023. La France a par ailleurs mis en avant un méta-détecteur de contenus générés par IA, un logiciel libre développé par le PEReN et Viginum, que les pays du G7 sont invités à enrichir. Un outil qui doit permettre de mieux lutter contre la désinformation.
Sur l’adoption de l’IA, le G7 s’est accordé sur une vision commune de l' »ouverture » des modèles d’IA, négociée avec l’Open source initiative et l’OCDE, pour mettre fin aux usages abusifs du label « open source ». Un outil d’auto-évaluation gratuit, conçu avec l’OCDE, est mis en ligne pour aider les TPE et PME à situer leur maturité en matière de transformation numérique et d’IA.
Sur les mineurs, enfin, les ministres ont soutenu des principes communs : contrôle de l’âge renforcé, outils de protection par défaut, interdiction des contenus pédopornographiques et des hypertrucages sexuels non consentis.
La Commission du numérique réclame un traité
En amont de la réunion, le 22 mai, la Commission supérieure du numérique et des postes (CSNP) avait posé des exigences plus fermes : un traité international contraignant sur les usages les plus dangereux de l’IA, une gouvernance mondiale de l’IA et l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans. Sur ce dernier point, la déclaration ne fixe pas d’âge et n’impose pas de contrôle formel. Sur l’emploi, la CSNP demande un cadre commun de surveillance des effets de l’IA sur le marché du travail, fondé sur des indicateurs partagés, et des plans de reconversion financés : le texte évoque la préparation des travailleurs, sans dispositif de suivi ni engagement chiffré.
La CSNP souhaite enfin une feuille de route sur l’ordinateur quantique, sujet à peine évoqué par le G7, alors que cette technologie représente une menace sur le chiffrement des infrastructures critiques.
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