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Édito innovation mai-juin 2026 – Intelligence artificielle : Algorithmus Ex Machina
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L’intelligence artificielle joue-t-elle les dieux providentiels ? Entre l’encyclique du pape Leon XIV qui appelle à « désarmer l’IA » et l’essai alarmiste de Gilles Babinet, cet édito interroge ce que nous risquons de perdre en déléguant notre intelligence aux algorithmes.

Algorithmus Ex Machina serait-il la traduction moderne du Deus Ex Machina ? La locution latine renvoie à la manifestation opportune d’une intervention divine, arrivée à point pour dénouer avec succès une situation de crise.

Au sens littéral, « Dieu sorti de la machine. »

Dans le théâtre moderne, selon le Centre national de ressources textuelles et lexicales, c’est le « personnage dont l’intervention, artificielle et inattendue, permet au dernier moment le dénouement de la pièce. » On en retient l’idée que la perte de contrôle peut, en dernier recours, s’avérer désirable quand elle entraîne une fin heureuse. Encore faut-il se désintéresser des apparences et des moyens.

Le rapport avec l’intelligence artificielle, c’est une actualité qui questionne le prix à payer lorsque l’on accepte de déléguer à des algorithmes des fonctions qui relèvent de l’intelligence humaine.

Magnifica Humanitas…

De résonance mondiale, c’est d’abord Magnifica Humanitas, première encyclique du pape États-Unien Leon XIV présentée le 25 mai – en présence de Christopher Olah, l’un des co-fondateurs d’Anthropic -, qui appelle à « désarmer l’IA » au nom d’une critique du technosolutionnisme à rattacher à la doctrine sociale de l’église catholique héritée du XIXe siècle : la technologie n’est pas « un mal en soi », mais « elle n’est pas neutre, car elle prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l’utilisent. »

…le Péril IA

Dans le monde laïc, c’est ensuite l’ex-coprésident du Conseil national du numérique, Gilles Babinet, que l’on ne peut suspecter d’ « IA-phobie » (notre article), qui pose le scénario d’une Humanité à la croisée des chemins. Tout juste sorti des presses des éditions du Passeur et déjà en réimpression, son livre Le péril IA, sous-titré Devenir des machines ou rester vivants ?, s’ouvre sur une invitation à retrouver le sens du symbolique.

Le symbolique, c’est le système de compréhension du monde lié à la préhistoire qui, rappelle Gilles Babinet, représente à ce jour 97 % du temps durant lequel a évolué l’Humanité. Les 3 % restants ? C’est le nouveau cadre inauguré il y a 6 000 ans avec Sumer, qui fait de la « pensée rationnelle, calculatoire » et analytique la nouvelle clé d’interprétation.

Alors que l’IA vient parachever ce changement de paradigme, Gilles Babinet pose le risque que pose selon lui l’IA à l’humanité : « se fondre dans le machinisme. »

À noter que Gilles Babinet introduira le colloque Ainoa organisé le 11 juin prochain autour de la thématique de l’IA au service de la qualité en formation 

Et pour terminer sur une note positive, deux ressources pour mieux comprendre et utiliser l’IA :

Source: https://www.centre-inffo.fr/innovation-formation/articles/edito-innovation-mai-juin-2026-intelligence-artificielle-algorithmus-ex-machina

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