Selon une enquête du ministère de la Fonction publique auprès de 2.000 agents de 9 administrations -France Travail, Assurance-maladie, ministères de l’Éducation nationale, du Travail et Bercy – 80% des agents interrogés souhaitent un déploiement plus large des outils d’IA et 73% font état de gains de productivité. L’IA « sans cadre », ou shadow AI, prédomine cependant, 55% des agents interrogés déclarant utiliser des outils externes non validés par leur administration.
Face au « danger d’une IA clandestine », le ministre de la Fonction publique David Amiel a annoncé dans La Tribune du dimanche 5 avril 2026 l’ouverture imminente d’une « négociation sociale ». Son objectif est d’aboutir à un accord « d’ici à l’automne » avec les organisations syndicales et les employeurs publics. Il s’agira de définir des usages prioritaires, de fixer les principes éthiques et les modalités de formation et d’accompagnement des agents. Il a promis une IA au service de « l’intérêt général » et non soumise « aux intérêts américains ou chinois ». Dans la continuité du déploiement de Mistral testé par 10.000 agents, un outil de transcription de réunion sera déployé pour 1 million d’agents. Le ministre rejette enfin l’idée que l’IA soit un outil de réduction des effectifs : elle doit « permettre de libérer du temps de paperasse et de gagner du temps de relations humaines ».
Selon Le Monde, l’annonce a été globalement bien accueillie par les syndicats, qui y voient la réponse à une demande formulée de longue date, même s’ils restent vigilants face au risque d’un « développement anarchique » et d’une instrumentalisation de l’IA au service de l’austérité budgétaire.
.