L’Afnic publie les résultats de l’édition 2025 de son étude « Réussir avec le web », menée auprès de près de 2 500 micro-entreprises, TPE et PME entre septembre 2024 et août 2025. Cette nouvelle édition met en lumière une phase de stabilisation, voire de réajustement des usages numériques, dans un contexte où les entreprises restent convaincues de l’importance du web pour leur activité.
Une utilité du web toujours largement reconnue
Comme les années précédentes, le constat est sans appel : 99 % des dirigeants considèrent internet comme utile ou indispensable à leur activité, un niveau stable par rapport à 2024.
Cependant, les objectifs associés à la présence en ligne évoluent. Si « présenter son activité » reste la première motivation (58 %), celle-ci recule par rapport aux années précédentes (62 % en 2024 et 66 % en 2023). La volonté d’« être trouvé facilement » concerne désormais 44 % des entreprises (contre 50 % en 2024), tandis que la communication avec les clients et prospects se stabilise à 32 %, après plusieurs années à un niveau plus élevé.
La vente en ligne, quant à elle, progresse légèrement à 30 %, mais reste en deçà de son niveau de 2023 (35 %).
Ces évolutions traduisent davantage un ajustement des priorités qu’un désengagement.
Des canaux numériques toujours utilisés… mais en recul
Les TPE et PME continuent de mobiliser les mêmes leviers pour leur présence en ligne, mais leur utilisation diminue globalement :
- 64 % sont présentes sur les réseaux sociaux, en baisse de 11 points sur un an ;
- 61 % disposent d’un site web (contre 70 % en 2024) ;
- 37 % utilisent des annuaires en ligne (contre 47 % en 2024) ;
- 12 % sont présentes sur des places de marché (contre 15 % en 2024) ;
- 24 % vendent via leur site web (niveau stable).
L’étude souligne également des écarts importants selon l’ancienneté des entreprises. Les structures de trois ans et plus sont nettement mieux équipées et plus actives en ligne que les plus récentes.
Réseaux sociaux : une hiérarchie inchangée malgré la baisse
Malgré une baisse marquée de leur utilisation, les réseaux sociaux restent le premier canal de présence en ligne. La hiérarchie des plateformes évolue peu :
- Facebook est utilisé par 48 % des entreprises (contre 71 % en 2024) ;
- LinkedIn et Instagram suivent avec 47 % chacun ;
- WhatsApp, YouTube et TikTok restent minoritaires (autour de 10 %).
Là encore, les entreprises les plus anciennes sont plus présentes et plus actives sur ces plateformes.
Des investissements en baisse, pour un impact stable
En 2025, les TPE PME réduisent leurs budgets consacrés au numérique :
- 66 % dépensent moins de 300 € par an (+6 points) ;
- les budgets plus élevés reculent dans toutes les tranches.
Pour autant, l’impact économique du web reste globalement stable :
- 26 % des entreprises déclarent que le web génère plus de 30 % de leur chiffre d’affaires (-1 points)
- 15 % estiment générer entre 10 % et 30 % de leur chiffre d’affaires grâce au web (stable) ;
- et 31 % indiquent que le web génère moins de 10 % de leur chiffre d’affaires (-1 points).
Le temps consacré à la présence en ligne reste inchangé, avec 44 % des dirigeants y consacrant au moins une heure par jour.
En revanche, la perception de la rentabilité se dégrade : seuls 27 % jugent ce temps rentable (contre 31 % en 2024), et 39 % déclarent ne pas savoir l’évaluer.
Des pratiques de visibilité plus prudentes
Les entreprises adoptent des stratégies plus mesurées en matière de promotion :
Les efforts en référencement naturel diminuent également (59 %, -4 points), tandis que les contenus deviennent plus statiques et moins fréquemment mis à jour.
Une préférence marquée pour le .fr
Les fondamentaux de l’identité numérique sont bien installés :
- 90 % des entreprises disposant d’un site possèdent leur nom de domaine ;
- 56 % privilégient le .fr, loin devant le .com (37 %).
En revanche, certains usages restent perfectibles. Seules 51 % utilisent une adresse e-mail associée à leur nom de domaine, en recul, tandis que les adresses génériques progressent.
Des leviers de développement encore sous-exploités
Les TPE PME disposent de différents outils pour développer leurs ventes en ligne, mais ils restent inégalement mis en œuvre et suivis. Ainsi, 61 % des TPE et PME ne surveillent pas ou pas vraiment les performances de leurs actions d’acquisition et de fidélisation client sur internet.
La constitution d’une base client pour développer les ventes est une option mise en place seulement par 2 entreprises sur 3. Elle s’appuie sur des outils hétérogènes :
Toutefois, 33 % des entreprises ne mettent en place aucune action spécifique pour constituer une base client.
La collecte d’avis clients n’est pas suffisamment utilisée : 28 % n’engagent aucune démarche en ce sens. Celles qui y ont recours utilisent les réseaux sociaux (39 % ; – 5 points) ou les annuaires en lignes comme Google Business Profile ou Pages jaunes (32 % ; – 5 points).
Pour les entreprises disposant d’un site e-commerce, les fonctionnalités qui y sont proposées traduisent une approche pragmatique, centrée sur les fondamentaux. Les fonctionnalités plus avancées, associées à la fidélisation et au suivi client, restent moins répandues :
- 61 % proposent plusieurs moyens de paiement (-3 points par rapport à 2024) ;
- 59 % offrent plusieurs canaux pour être contactés (-2 points) ;
- 40 % proposent un espace client, un niveau proche de celui observé en 2024 ;
- 36 % mettent en place un suivi de commande (-4 points) ;
- 34 % offrent plusieurs modes de livraison (stable).
Une cybervigilance en recul
Pour la deuxième année consécutive, les pratiques de cybersécurité diminuent :
- 38 % effectuent des sauvegardes régulières de leurs données (-7 points) ;
- 38 % effectuent des mises à jour de sécurité (-3 points) ;
- 43 % protègent leur site via une solution de sécurité (-2 points) ;
- 10 % réalisent des audits réguliers (-1 points).
Plus préoccupant, 44 % des dirigeants déclarent ne pas savoir si des mesures de sécurité sont en place dans leur entreprise (+3 points).
Une phase de transition numérique
L’étude met en évidence une période de transition pour les TPE et PME. Si les fondamentaux sont bien acquis, notamment l’importance d’une présence en ligne et l’usage d’un nom de domaine, les pratiques évoluent vers davantage de prudence et de rationalisation.
Ce mouvement s’explique en partie par la forte proportion d’entreprises jeunes dans l’échantillon, encore en phase de structuration. Il traduit aussi l’émergence de nouveaux usages, plus simples et plus automatisés, notamment via les plateformes et les outils numériques récents qui exploitent l’intelligence artificielle.
Dans ce contexte, l’accompagnement des TPE et PME reste essentiel pour les aider à structurer leur présence en ligne, mieux exploiter les leviers existants et renforcer leurs compétences, notamment en matière de performance et de cybersécurité.
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