Internet, un outil utile mais pas encore stratégique
Le premier enseignement de l’étude est sans doute le plus frappant : dans le secteur agricole, internet est majoritairement perçu comme un outil fonctionnel, utile dans certaines situations, mais rarement comme un levier central de développement. Ce positionnement contraste fortement avec les résultats de l’étude globale « Réussir avec le web 2025 », menée tous secteurs confondus auprès de micro-entreprises, TPE et PME françaises.
Ainsi, si seulement 5 % des agriculteurs jugent la présence en ligne inutile ou dangereuse, ils ne sont également que 5 % à la considérer indispensable (contre 77 % dans le panel global). La grande majorité se répartit entre deux postures :
- 42 % estiment qu’internet est utile mais pas indispensable,
- et 48 % reconnaissent son utilité tout en déclarant ne pas avoir le temps ni les moyens de s’en occuper.
Quand ils l’utilisent, les agriculteurs le font avant tout pour être trouvés facilement (78 %) et pour présenter leur activité (59 %). La communication directe avec les clients (3 %) ou la vente en ligne (10 %) arrivent loin derrière.
Cette posture s’explique en grande partie par la nature même des activités agricoles, historiquement peu dépendantes d’internet pour leurs circuits de commercialisation ou leur relation client.
Des canaux simples, ancrés dans le local
Cette vision pragmatique d’internet se traduit directement dans les choix de présence en ligne. Le secteur agricole se distingue par un recours majoritaire à des dispositifs simples et facilement mobilisables pour être identifié localement.
Les annuaires en ligne constituent le principal point d’ancrage : 95 % des agriculteurs y disposent d’une page entreprise, soit bien plus que le panel global (37 %). Les réseaux sociaux sont également largement utilisés, avec 65 % des répondants déclarés présents, principalement sur Facebook, Instagram et WhatsApp.
Le site internet reste, lui, nettement minoritaire : seuls 27 % des professionnels agricoles disposent d’un site web, contre 61 % dans le panel global. Parmi ceux qui ont franchi le pas du site internet, une nette préférence se dessine pour l’extension .fr : 77 % d’entre eux l’ont choisie, contre 56 % dans le panel global.
Un investissement en temps et en argent modéré mais pas anecdotique
Le manque de temps et de moyens constitue le frein le plus souvent cité pour expliquer la faiblesse de l’engagement numérique dans le secteur. Dans ce contexte, les budgets consacrés à la présence en ligne restent globalement limités :
- 65 % des agriculteurs consacrent moins de 300 € par an à leur présence en ligne.
- 30 % investissent entre 300 et 1 000 €, une proportion supérieure à celle du panel global (21 %).
- Seuls 5 % dépassent le seuil des 1 000 € annuels, contre 14 % tous secteurs confondus.
Ces dépenses concernent principalement les annuaires en ligne et, dans une moindre mesure, la publicité sur les réseaux sociaux.
Pourtant, compte tenu du caractère très prenant de leurs métiers, le temps que les agriculteurs consacrent à leur présence en ligne n’est pas marginal : un tiers d’entre eux (33 %) déclarent y consacrer au moins une heure par jour, contre 44 % pour le panel global.
Et cet investissement en temps est globalement perçu comme rentable : 35 % des agriculteurs estiment que le temps investi sur internet est rentable ou tout à fait rentable, et seuls 17 % le jugent non rentable. Un tiers des répondants (34 %) reconnaissent que c’est utile à leur activité sans pouvoir en évaluer précisément les retombées.
Un usage maîtrisé chez ceux qui ont un site
Si peu d’agriculteurs disposent d’un site internet, ceux qui en ont un en font un usage cohérent et structuré. Quelques chiffres éclairent cette maîtrise :
- 97 % proposent principalement des contenus statiques, adaptés à la présentation de l’activité et aux informations pratiques.
- 88 % déclarent mener des actions pour améliorer le référencement naturel de leur site avec des résultats non négligeables : 86 % affirment que leur site apparaît parmi les premiers résultats lors d’une recherche liée à leur activité et leur localisation.
- Pour les sites e-commerce, 71 % intègrent un espace client et 89 % proposent plusieurs moyens de paiement (contre respectivement 40 % et 61 % dans l’étude globale).
Les agriculteurs sont également nombreux à valoriser leur adresse web hors ligne : 71 % sur leurs cartes de visite et papeterie et 56 % sur le marquage de véhicule.
.