<h3>Un levier d’influence d’achat encore sous-estimé
Alors que les stratégies digitales se concentrent massivement sur Instagram ou TikTok, un acteur reste curieusement sous-exploité : YouTube. Pourtant, son influence sur les comportements d’achat est majeure. Plus de 90 % des utilisateurs déclarent y découvrir de nouvelles marques ou produits (Think with Google, 2023). Un contenu YouTube bien réalisé – test, démonstration, comparatif – a une durée de vie plus longue qu’une vidéo TikTok ou une story Instagram, et peut continuer à générer des ventes plusieurs années après sa mise en ligne.
L’exemple des vidéos de déballage (ou unboxing) illustre cette force de persuasion. Selon Popcornvideo.fr (2025), les personnes qui regardent ces contenus sont 1,7 fois plus enclines à passer à l’achat que celles qui ne les consultent pas. Contrairement aux formats éphémères des autres réseaux sociaux, YouTube capitalise sur l’attention longue et la recommandation algorithmique dans le temps.
Des outils marchands intégrés et l’émergence du commerce par les créateurs
Et pourtant, les marques y investissent peu. Pourquoi ? Parce que YouTube est encore perçu, à tort, comme une plateforme réservée aux formats longs et coûteux à produire. Une erreur stratégique, alors même que les vidéos courtes (les “Shorts”) explosent et que Google accélère l’intégration de fonctions marchandes. YouTube propose aujourd’hui un ensemble d’outils de vente directe : fiches produits intégrées dans les vidéos, sélections thématiques, ou encore vitrine de produits synchronisée avec une boutique en ligne (Shopify, Spreadshop…). Les marques inscrites au Programme Partenaire YouTube avec plus de 1 000 abonnés peuvent créer une vitrine dédiée qui importe directement leurs produits depuis des boutiques connectées.
Au-delà des fonctions techniques, YouTube accompagne un changement de modèle plus profond : celui du commerce porté par les créateurs. Les influenceurs ne se contentent plus de promouvoir des produits, ils deviennent eux-mêmes des marques. Léna Mahfouf (Hôtel Mahfouf) ou McFly & Carlito (jeux de société, objets dérivés) incarnent cette tendance. Des entreprises comme Jellysmack accompagnent cette transformation. La scale-up a lancé un fonds de 500 millions de dollars pour soutenir les créateurs les plus prometteurs. Elle accompagne notamment Sissy Mua (TrainSweatEat) ou Roxane (L’Atelier de Roxane) dans la structuration de modèles économiques autonomes.
Les freins persistants face à un potentiel inexploité
Malgré ces signaux forts, YouTube reste marginal dans les plans médias e-commerce. Plusieurs raisons à cela. D’abord, la production de contenu sur YouTube est perçue comme plus coûteuse et complexe : il faut scénariser, tourner, monter, optimiser les titres et les vignettes… Un niveau d’effort supérieur à celui requis pour des contenus courts sur TikTok ou Instagram. Ensuite, l’algorithme de YouTube, historiquement conçu pour maximiser le temps de visionnage, favorise moins la conversion immédiate que celui de TikTok, dont la logique de scroll constant et de recommandation produit alimente l’achat impulsif. Autre frein : l’organisation des équipes. Faute de spécialistes vidéo dans les équipes marketing, ou par manque de coordination avec les responsables acquisition, les campagnes restent cantonnées au format de spot publicitaire classique. Or, le potentiel est bien plus large. D’autant que Google multiplie les initiatives : formats cliquables, intégration des fiches produit dans les résultats de recherche, lecture sur télévision connectée.
Aujourd’hui, bien que 82% des responsables marketing considèrent la vidéo comme un levier stratégique essentiel (Popcornvideo.fr, 2025), un paradoxe persiste: les investissements privilégient encore massivement les plateformes au contenu éphémère. Cette orientation néglige le potentiel unique de YouTube, où l’attention prolongée des utilisateurs, la pérennité des contenus et la qualification supérieure de l’intention d’achat constituent des atouts majeurs pour le e-commerce.
Source: https://www.fevad.com/le-focus-du-mois-youtube-le-geant-oublie-du-e-commerce/
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