L’emplacement d’une entreprise est un facteur clé de réussite. Il influence la visibilité, la fréquentation et le chiffre d’affaires. Plutôt que de s’en remettre à l’intuition, il est aujourd’hui possible de fonder ce choix sur des éléments concrets.
Choisir un emplacement est une décision stratégique, avec un impact durable sur l’activité de l’entreprise. L’intuition joue un rôle, mais elle ne suffit pas toujours à identifier le meilleur emplacement possible. Un quartier jugé « prometteur » peut s’avérer peu adapté à la clientèle visée, tandis qu’un local moins visible peut présenter, en réalité, un fort potentiel.
Pour aider à déterminer de façon la plus objective possible l’emplacement idéal d’un local commercial ou d’une zone d’implantation, le recours aux données ouvertes constitue une ressource incontournable.
Les données ouvertes – librement accessibles et souvent issues de sources publiques – permettent d’accéder à des informations précises pour objectiver le choix de l’emplacement et appuyer sa décision sur des éléments concrets et vérifiables, afin de :
- mieux comprendre le fonctionnement du marché local ;
- cibler les zones les plus compatibles avec son activité ;
- évaluer précisément les caractéristiques et les limites d’un local.
Ces données, bien utilisées, s’avèrent très utiles pour :
- présélectionner les zones pertinentes, à partir de critères adaptés à l’activité et au marché visé ;
- vérifier et valider ou non la pertinence des emplacements repérés.
Bien sûr, le choix définitif de votre emplacement ne doit pas se fonder uniquement sur l’utilisation des données. Ne négligez pas l’observation de terrain qui peut apporter un éclairage supplémentaire.
Présélectionner les zones pertinentes selon son marché et ses clients
La première étape consiste à identifier les critères de choix des zones qui correspondent, en théorie, aux besoins de l’activité envisagée. Il n’existe pas d’emplacement « idéal » universel : le choix d’un emplacement dépend fortement du type d’activité exercée et des profils de clients ciblés.
Chaque secteur présente des besoins spécifiques en termes de localisation. Par exemple :
- Une librairie jeunesse recherchera des quartiers résidentiels à dominante familiale, à proximité d’écoles, de parcs ou de commerces de proximité. Une intensité concurrentielle modérée est souvent préférable.
- Un établissement de restauration rapide visera des zones à fort passage (centres-villes, gares, zones d’activités) et déjà occupées par d’autres enseignes alimentaires, signe d’une forte attractivité.
- Une pharmacie privilégiera la proximité de cabinets médicaux, une forte densité de population, et la présence de publics spécifiques (seniors, jeunes enfants).
Pour réaliser la présélection des emplacements de votre entreprise, plusieurs types de données ouvertes peuvent être mobilisés :
- des données sociodémographiques : répartition de la population par tranches d’âge, composition des foyers, niveaux de revenu, , dépenses des ménages, taux d’activité…
- des données de flux : comptages piétons ou véhicules, circulation en transports en commun, provenance et destination des déplacements.
- la cartographie commerciale : localisation des commerces existants, répartition des activités, densité concurrentielle directe ou indirecte.
- des indicateurs économiques : zones de chalandise, capacités de consommation, chiffres d’affaires moyens par secteur.
Ces différents éléments agrégés permettent d’identifier les zones les plus favorables à l’implantation, de distinguer les emplacements prioritaires de ceux à éviter, et de hiérarchiser les opportunités de manière plus objective.
Évaluer le potentiel d’un emplacement : mode opératoire
Après la présélection d’une ou plusieurs zones favorables, il faut déterminer plus précisément le choix de l’adresse ou du local. Cette étape consiste à évaluer une opportunité concrète, qu’il s’agisse d’un local commercial à louer, d’un fonds de commerce à reprendre, ou encore d’un terrain à bâtir. Le lieu identifié doit non seulement respecter les critères définis en amont, mais aussi présenter un potentiel réel, validé par des données objectives.
A ce stade, la méthode d’analyse dépend de votre cas de figure, selon que vous envisagez la reprise d’un fonds de commerce ou la création pure d’une activité.
Reprise d’un fonds de commerce
En cas de reprise de fonds de commerce, il est nécessaire d’analyser l’historique de l’activité précédente : fréquentation, chiffre d’affaires, rentabilité, mais aussi nature de la clientèle ou dynamisme du quartier.
Idéalement les données sont fournies par le cédant, mais même en l’absence de ces données (ou dans le cadre d’une pré-étude), les données publiques peuvent permettre d’évaluer la fréquentation ou la santé financière (sous réserve que l’entreprise publie ses comptes).
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