L’atelier, opérationnel depuis quelques semaines, s’inscrit dans la stratégie du groupe Pure Venture qui a récemment acquis le réseau Cash Converters (en liquidation judiciaire) il y a six mois. Cette acquisition offre à Ecogem un débouché naturel et un terrain d’expérimentation idéal.
Cash Converters, un partenaire clé pour le sourcing
Le partenariat avec Cash Converters revêt une dimension stratégique importante, comme le précise Benjamin Carlu, « Le smartphone représente jusqu’à un tiers du chiffre d’affaires dans ce type de réseau« . Avec ses 60 boutiques – dont 52 en métropole – Cash Converters constitue le premier maillon de la chaîne de valeur d’Ecogem.
L’enjeu aujourd’hui est de trouver des téléphones qui sont issus de gisements français, « Pour pouvoir les vendre au plus près aussi, éviter d’avoir des téléphones qui font tout le tour de l’Europe », souligne le dirigeant. Cette approche locale répond à une double préoccupation : réduire l’empreinte carbone et créer une filière française de reconditionnement.
Le modèle économique repose sur deux axes complémentaires. D’une part, la reprise de téléphones « cassés » dans les boutiques du réseau, qui ne reprennent actuellement que les appareils en état d’être revendus. La fourniture, d’autre part, d’un catalogue de téléphones reconditionnés aux mêmes boutiques.
Un processus industriel de haute technologie
L’atelier d’Ecogem se distingue par son niveau de technologie et d’automatisation. « Chaque équipement va pouvoir tester jusqu’à 150 téléphones par jour », détaille Benjamin Carlu en présentant ses machines de test robotisé. Le processus complet, de l’arrivée à la mise en rayon, peut prendre moins de 45 minutes pour un téléphone ne nécessitant aucune réparation.
L’entreprise ne fait pour autant pas l’impasse sur la qualité. « Certes, avoir de la productivité et du débit est important, mais on ne veut surtout pas renier sur la qualité« . Cette exigence se traduit par un double passage des tests pour chaque appareil et des équipements de pointe, notamment pour la micro-soudure et le changement de vitres d’écran via une chambre, aseptisée, sans poussière.
Des batteries neuves, un argument différenciant
L’un des atouts majeurs d’Ecogem réside dans sa politique de remplacement systématique des batteries. « 70 % des téléphones qui sortiront de nos ateliers auront une batterie neuve », annonce Benjamin Carlu. Cette approche permet de proposer des produits avec des niveaux de garantie supérieurs et de se positionner sur le segment des prix moyens du marché.
Généralement, un téléphone qui a été utilisé intensivement pendant deux ans, a besoin d’un remplacement de la batterie. « Comme nous récupérons des modèles qui sont sortis il y a cinq ans ou plus, le changement de batterie est quasi systématique« .
Une approche locale face au tout digital
Face aux géants du reconditionnement en ligne comme Back Market, Ecogem mise par ailleurs sur la proximité et la transparence. « Il y a un phénomène très décevant en provenance du monde pur digital : lors de l’achat d’un produit reconditionné en ligne, on vous montre une fiche produit d’un téléphone « comme s’il était neuf », alors qu’en réalité, ce n’est pas la photo du téléphone« , critique Benjamin Carlu. L’entreprise privilégie donc la vente en boutique où le téléphone peut être essayé et tenu dans ses mains. Cette approche permet de résoudre l’un des principaux freins à l’achat de produits reconditionnés : la déception lors de la réception de l’article.
Avec une équipe de 10 personnes appelée à doubler d’ici la fin de l’année, Ecogem ambitionne de créer un modèle industriel français du reconditionnement, en rupture avec les pratiques actuelles du secteur souvent dépendant de l’importation et de la délocalisation.
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