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Le focus du mois – BNPL : la consolidation d’un modèle sous surveillance européenne


<>h3>Une popularité toujours montante

En moins d’une décennie, le “Buy Now, Pay Later” est passé du statut de gadget à celui de réflexe installé : 1 cyberacheteur sur 2 a déjà payé plusieurs fois en ligne. En 2024, sept Français sur dix ont déjà réglé un achat en plusieurs fois ou en paiement différé ; ils n’étaient que 42 % un an plus tôt (FLOA, Kantar). Porté par l’inflation et la recherche de flexibilité budgétaire, le BNPL a généré 167 Mds € de transactions en Europe en 2024 et devrait atteindre 191 Mds € dès 2025 (+10 % par an). À l’échelle mondiale, les volumes devraient quadrupler entre 2023 et 2030, preuve que la trajectoire reste ascendante (Cross Border Magazine).

Un réel levier de conversion

Si les consommateurs plébiscitent le BNPL, c’est d’abord pour sa promesse de flexibilité : inscription en quelques secondes, échéancier lisible et, le plus souvent, absence d’intérêts. Dans un contexte d’inflation durable, lisser un panier moyen d’environ 250 € sur trois ou quatre mois devient un levier immédiat de pouvoir d’achat. Les e-commerçants en tirent un profit mesurable. Pour les e-commerçants, proposer une option de BNPL représente un levier de conversion très efficace. Alma, désormais utilisée par 21 000 marchands, constate jusqu’à +20 % de conversions et +80 % de panier moyen sur les sites équipés. Chez Maisons du Monde, le déploiement omnicanal du BNPL a multiplié par trois le panier moyen en magasin et accru de 50 % les ventes en ligne.

Ce succès se diffuse désormais à tous les secteurs. Dans la mode, Zalando a étendu début 2025 l’option Pay in 3 de Klarna à cinq nouveaux marchés. SNCF Connect propose le paiement fractionné pour les billets et abonnements à partir de 120 €, directement via Alma, sur web et mobile. Fnac-Darty, Boulanger ou Darty+ généralisent les offres 3x/4x Oney, tandis que Center Parcs annonce que 17 % de ses réservations sont désormais réglées en plusieurs fois, contre 12 % en début d’année. Le BNPL touche désormais tous les univers du commerce.

Un marché qui se structure

Parallèlement, le cadre juridique se durcit. Parce qu’il s’apparente à un crédit à court terme (même sans frais), le BNPL entre désormais dans le champ de la régulation financière : la directive européenne 2023/2225 fait entrer le paiement fractionné dans le périmètre du crédit à la consommation. Les États membres ont jusqu’au 20 novembre 2025 pour transposer le texte et jusqu’au 20 novembre 2026 pour appliquer les nouvelles règles : évaluation systématique de solvabilité, informations pré-contractuelles normalisées et plafonnement des frais. Les fintechs anticipent déjà ce tournant.

Le paysage concurrentiel s’organise autour de trois blocs. Les pure players fintech dominent toujours : Klarna reste le numéro 1 européen, suivi d’Afterpay/Riverty et de PayPal Pay Later, tandis que les challengers Scalapay et Alma gagnent du terrain sur des niches sectorielles ou géographiques. Les grands écosystèmes technologiques (Apple, Amazon) et les portefeuilles numériques renforcent leur offre BNPL, souvent adossée à des partenariats locaux. Enfin, les banques traditionnelles et les réseaux cartes (Crédit Agricole via Pledg, Visa BNPL API, Mastercard Installments) cherchent à capitaliser sur leur base clients et sur la future directive pour proposer des solutions déjà conformes.

En une décennie, le BNPL s’est mué de simple innovation en standard commercial, dopé par l’inflation et généralisé à tous les secteurs. L’arrivée des banques traditionnelles et des réseaux de cartes coïncide avec le durcissement réglementaire européen : le marché se structure et se consolide. Pour les e-commerçants, il ne s’agit plus d’intégrer le paiement fractionné, mais de le transformer en levier de différenciation pérenne.

Source: https://www.fevad.com/le-focus-du-mois-bnpl-la-consolidation-dun-modele-sous-surveillance-europeenne/

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