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Le haut-commissariat à la stratégie impulse un plan de modernisation des infrastructures d’aménagement du territoire

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Après le rapport Cadot identifiant des propositions concrètes pour accélérer les projets d’infrastructures, largement reprises pour déployer les « projets Notre-Dame » (lire notre article du 15 janvier 2026), le haut-commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) a présenté ce 24 septembre les travaux de la mission pilotée à sa demande par l’ancien préfet de région Michel Lalande aux côtés de trois conseillers co-rapporteurs. Pour redéfinir l’aménagement du territoire et nous projeter au-delà de 2050, ce nouveau rapport dédié propose un « plan Freycinet pour le XXIe siècle » à travers la formulation d’objectifs prioritaires pour guider la réalisation des projets d’infrastructures dans les prochaines décennies. 

Comme le plan éponyme lancé en 1879 pour façonner les transports par un grand programme de chemins de fer, ports et canaux, il vise à redonner leur place aux infrastructures et à leur planification, mais se situe, au moins sur le plan méthodologique, à rebours de l’approche poursuivie par son illustre ancêtre. « Il ne s’agit pas d’avoir une forme de nostalgie ou de réplique du plan Freycinet, des principes d’aménagement du territoire d’après-guerre de la fameuse Datar. (…) On a besoin de renouveler et les principes et les outils et c’est ce que fait ce rapport. D’abord parce qu’il y a un existant. On ne part pas de rien, on parle d’un patrimoine trop souvent négligé et d’un legs extrêmement foisonnant, qui doit être entretenu, modernisé, régénéré et adapté parce qu’il y a évidemment de nouveaux besoins qui sont différents de décarbonation, de production d’énergie, de développement numérique, en particulier les datacenters », relève le haut-commissaire, Clément Beaune. 

C’est pourquoi la mission insiste sur la priorité qui doit être donnée aux infrastructures existantes parfois vieillissantes et victimes de retards d’investissement par rapport à la création de nouvelles infrastructures, et ce dans un contexte budgétaire contraint et soumis aux exigences environnementales. Le rapport met notamment l’accent sur les besoins importants de régénération des infrastructures routières existantes, par exemple (avec une dette grise estimée à 2,3 milliards d’euros et des besoins d’investissement supplémentaires de l’ordre de 1 milliard d’euros par an) ou encore des réseaux d’eau (avec un déficit annuel de renouvellement de l’ordre de 0,3 à 4,8 milliards d’euros). 

Partir des usages et services associés

L’autre écueil à éviter est celui d’un développement massif des infrastructures sans anticipation suffisante des besoins réels et défis émergents. Autrement dit, ne pas bâtir de l’infrastructure pour de l’infrastructure. « Il faut penser au-delà des infrastructures : elles ne sont qu’un outil au service d’un usage. C’est cette logique d’usage qui doit prévaloir : le service rendu ne se mesure pas en kilomètres ni en kilowatts, mais en facilité d’accès, en coût abordable et, de plus en plus, en capacité de résilience aux crises, géopolitiques ou climatiques », insiste-t-il. Avec pour idée clé « de s’appuyer sur une lecture lucide, d’abord des transitions dans lesquelles notre pays se trouve engagé, qu’elles soient écologique, démographique ou numérique, et des valeurs de performance économique – pensons par exemple aux gares SNCF qui n’aboutissent nulle part, qui ne sont interconnectées à rien -, de justice sociale et enfin la robustesse écologique dans un contexte de changement climatique », appuie Michel Lalande. 

« On arrête de construire pour construire, c’est vraiment un peu notre serment de Koufra, si je puis dire. Oui, il faut investir, mais il faut investir pour ce qui est indispensable de faire. Et par contre, on conserve le fil rouge du plan Freycinet, qui est qu’un État tient sa compétitivité et sa souveraineté grâce à la robustesse et à la qualité de ses infrastructures. Et cela demeure plus que jamais une réalité pour la France du XXIe siècle où les services associés aux infrastructures, l’autre point absolument majeur de ce rapport viendront profondément modifier le regard que l’on aura sur les infrastructures elles-mêmes. C’est moins l’infrastructure qui va nous intéresser que les services associés que cette infrastructure va permettre de développer, d’accélérer », martèle-t-il. 

Pour déterminer les infrastructures à construire, maintenir, adapter ou abandonner dans les prochaines décennies, le rapport fixe quatre priorités fortes :

1. Protéger la nature : mieux reconnaître et intégrer les « infrastructures naturelles » (zones humides, forêts, corridors écologiques…) dans la conception et les choix des infrastructures.  Avec des propositions concrètes : 

2. Pérenniser les infrastructures existantes qui demeurent pertinentes : garantir la continuité de services de l’ensemble des infrastructures, à commencer par les plus sensibles, y compris dans un monde à +4 °C à l’horizon 2100. En d’autres termes, les infrastructures nationales doivent progressivement devenir « Tracc-proof » (compatible avec la trajectoire de la Tracc). Cela suppose de : 

3. Mettre les infrastructures au service de nouveaux usages et services décarbonés : avec l’objectif de garantir partout l’accès à une énergie souveraine, bas carbone et abordable, à des infrastructures numériques de qualité, et à un service de transport du quotidien décarboné.

4. Des infrastructures créatrices de valeur : mieux capter et partager la valeur des flux européens et internationaux croissants sur les infrastructures nationales. D’ici 2050, 100% des grands corridors européens traversant le territoire devront être bas carbone, tarifés au coût complet d’usage et adossés à des hubs français de valeur ajoutée.

Pour cela trois grandes propositions sont avancées :

Enfin, d’autres préconisations du rapport concernent le volet gouvernance, afin d’éviter un autre écueil du plan Freycinet, celui de la planification centralisée.

Source: https://www.banquedesterritoires.fr/le-haut-commissariat-la-strategie-impulse-un-plan-de-modernisation-des-infrastructures-damenagement?pk_campaign=Flux%20RSS&pk_kwd=numerique&pk_source=Actualit%C3%A9s%20Localtis&pk_medium=RSS%20Thematique

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