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Après la révélation de trois fuites de données fiscales, le gouvernement crée une unité cyber spécialisée

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Fin juin 2026, les identifiants d’un agent de la DGFiP et d’un compte tiers habilité à accéder au portail de la DGFiP ont été usurpés. Si impots.gouv.fr n’a pas été affecté, l’accès à l’interface d’échange entre les usagers et le fisc a permis à l’attaquant d’exfiltrer certaines données de 678.000 particuliers et professionnels : revenu fiscal de référence, quotient familial, taux de prélèvement à la source, coordonnées et, pour les entreprises, numéro Siren. L’intrusion a été détectée et bloquée dès la fin juin, mais le vol de données n’a été confirmé que le 12 août, via une revendication sur un forum de cybercriminels.

Trois fuites révélées

La DGFiP a révélé deux autres fuites. Fin juillet, une attaque a visé le serveur professionnel de données cadastrales : l’estimation, d’abord fixée à 200.000 comptes, a été révisée à 1,8 million de dossiers. Le 17 août enfin, une brèche a été repérée sur le portail public des successions vacantes, et coupée le jour même, le détail des données volées n’étant pas fourni.

La Cnil et l’Anssi ont été saisies par la DGFiP et une plainte a été déposée. Le parquet de Paris a ouvert une enquête mi-août pour « extraction frauduleuse de données » et « association de malfaiteurs ». La Cnil va mener sa propre enquête et appelle les victimes – que la DGFiP s’est engagée à alerter individuellement – à la plus grande vigilance lors de sollicitations par mail ou téléphone.

Unité d’intervention au service des ministères

Cette énième série de cyberattaques visant des sites de l’État a conduit le Premier ministre Sébastien Lecornu à réunir pour la première fois le 17 août la cellule interministérielle de crise cyber. Une structure décidée à la suite de la cyberattaque qui a visé l’ANTS en avril, dans le cadre d’un plan comptant 40 actions et doté de 200 millions d’euros « supplémentaires » pour améliorer la cybersécurité des administrations (voir notre article du 4 mai 2026).

Le Premier ministre a décidé « d’accélérer » certaines des mesures prévues. Sans attendre la nouvelle Ariane, l’autorité numérique associant la Dinum et la DITP promise pour 2027, il a demandé, dans un courrier au secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, la mise en place d’une nouvelle « unité cyber » au service des ministères. Composée d’agents de l’Anssi, cette unité d’intervention sera capable d’agir dès la compromission d’un accès sensible et accompagnera l’administration victime jusqu’au rétablissement du service. 

Mea culpa gouvernemental

Par ailleurs, lors d’une conférence de presse à Bercy le 18 août, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a présenté ses excuses pour un incident jugé « insupportable pour les Français ». Reconnaissant une « dette technique » de l’État, le ministre a annoncé la généralisation de la double authentification aux agents de la DGFiP d’ici fin 2026, des quotas d’accès aux données, un audit demandé à l’Anssi pour septembre, un recours à l’IA à des fins de prévention cyber et un programme de « bug bounty » (concours de détection de failles de sécurité) pour améliorer la sécurité des sites de l’État.

Commissions d’enquête parlementaire en vue

Cette attaque a été dénoncée par le sénateur Thierry Cozic (PS) comme « la plus grave de l’histoire de notre pays ». Dans une tribune publiée par Le Monde le 26 août, signée notamment du député Philippe Latombe (MoDem) et de la sénatrice Catherine Morin-Desailly (UDI-UC), les signataires rappellent que « les organisations publiques détiennent une part immense des données personnelles et professionnelles des Français » et estiment que « chaque fuite massive issue de ces bases érode un peu plus la confiance entre l’État et les citoyens, entre les entreprises et leurs clients, entre la France et ses partenaires ». Les signataires rappellent, une fois de plus, l’urgence à finaliser la transposition de la directive NIS2, et invitent l’État à lancer une vaste campagne d’information sur les risques et obligations cyber des organisations.

Philippe Latombe a déposé dans la foulée une motion demandant la création d’une commission d’enquête sur ces fuites de données. La sénatrice Nathalie Goulet (UC) a également annoncé relancer sa demande de création de commission d’enquête, initiée au Sénat en mai 2026 suite aux cyberattaques intervenues en début d’année.

Source: https://www.banquedesterritoires.fr/apres-la-revelation-de-trois-fuites-de-donnees-fiscales-le-gouvernement-cree-une-unite-cyber?pk_campaign=Flux%20RSS&pk_kwd=numerique&pk_source=Actualit%C3%A9s%20Localtis&pk_medium=RSS%20Thematique

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