Comment une biscuiterie artisanale utilise l’IA pour créer des biscuits personnalisés

Lauréate des Trophées CPME, réussir avec le numérique 2023 dans la catégorie « Développement », Marion Pintaux, fondatrice des Aventuriers du Biscuit, une biscuiterie artisanale installée à Sèvres et spécialisée dans les biscuits personnalisés pour les entreprises et les événements a déployé avec succès une stratégie numérique innovante. Aujourd’hui elle va plus loin dans sa numérisation avec l’intelligence artificielle.
Dans une petite entreprise, toutes les compétences ne peuvent pas être présentes en interne. Lorsqu’il faut créer un visuel, imaginer une nouvelle gamme de produits ou présenter un prototype à un client, recruter un graphiste à temps plein n’est souvent pas envisageable.
Pour répondre à ce besoin, la dirigeante s’est tournée vers l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, elle utilise l’IA quotidiennement comme un véritable assistant créatif.
Le déclencheur : une découverte qui ouvre de nouvelles perspectives
Contrairement à beaucoup d’entreprises, l’aventure ne commence pas par un projet de transformation numérique. Tout démarre lors d’un déjeuner entre amis où la discussion porte sur les nouveaux outils de génération d’images par intelligence artificielle.
Par curiosité, la dirigeante réalise ses premiers essais. Très vite, elle comprend que ces outils peuvent répondre à un besoin concret de son entreprise : produire rapidement des visuels professionnels sans dépendre de banques d’images ni de compétences graphiques spécifiques.
À cette époque, le site internet proposait déjà un configurateur de biscuits alimenté par des illustrations achetées ou réalisées à la main. L’intelligence artificielle ouvre alors un champ de possibilités beaucoup plus large.
Le projet : faire de l’IA un véritable assistant créatif
La dirigeante ne suit aucune formation particulière. Elle apprend en expérimentant. Au fil des essais, elle découvre comment guider les outils pour obtenir des résultats correspondant à l’identité de l’entreprise.
Chaque création repose sur la même méthode :
- fournir la charte graphique de l’entreprise ;
- préciser les couleurs et le style souhaité ;
- décrire l’univers recherché ;
- tester plusieurs propositions ;
- sélectionner avec l’équipe la version la plus pertinente.
L’IA devient ainsi un collaborateur capable de générer rapidement différentes pistes créatives, qui sont ensuite retravaillées et validées par l’humain.
Des usages qui vont bien au-delà de la communication
Très rapidement, les applications se multiplient. L’intelligence artificielle permet désormais de :
- créer des visuels promotionnels ;
- imaginer de nouvelles collections saisonnières ;
- concevoir des décors de stand ;
- explorer différents styles graphiques ;
- préparer des supports commerciaux.
Mais le cas d’usage le plus marquant concerne la relation client. Lorsqu’une entreprise souhaite personnaliser des biscuits à son image, la dirigeante peut désormais générer en quelques minutes une maquette réaliste intégrant le logo, les couleurs ou les éléments graphiques du client.
Plus besoin de fabriquer un prototype avant validation. Le client visualise immédiatement le résultat final.
Les résultats : davantage de créativité et une relation client plus fluide
L’IA permet aujourd’hui à l’entreprise de disposer, à la demande, de compétences graphiques qu’elle ne pourrait pas recruter.
La dirigeante estime que certaines créations qui demandaient auparavant plusieurs heures de travail , voire l’intervention d’un prestataire externe, peuvent désormais être réalisées en quelques minutes.
Les bénéfices observés sont nombreux :
- une plus grande réactivité face aux demandes des clients ;
- davantage de propositions créatives ;
- des validations commerciales plus rapides ;
- l’exploration de nouvelles gammes de produits sans fabrication préalable.
L’entreprise constate également que de nombreuses idées qui restaient auparavant à l’état de projet peuvent désormais être concrétisées rapidement.
Une démarche accessible à une TPE
L’un des enseignements de cette expérience concerne son accessibilité. L’investissement est resté limité à quelques abonnements annuels à des outils d’intelligence artificielle.
La dirigeante utilise plusieurs solutions selon les besoins : certaines sont plus performantes pour interpréter précisément les consignes, d’autres produisent des rendus visuels plus réalistes.
L’important n’est pas l’outil lui-même, mais la capacité à lui fournir un contexte précis et à l’alimenter avec l’identité visuelle de l’entreprise.
Les difficultés rencontrées
Comme beaucoup d’utilisateurs, la dirigeante souligne que les premiers résultats ne sont pas toujours satisfaisants. Obtenir une image réellement exploitable demande souvent plusieurs itérations.
Il faut apprendre à formuler ses demandes, ajuster les consignes et guider progressivement l’outil.
L’expérience montre également que l’intelligence artificielle ne remplace pas le regard humain. Chaque visuel est relu, sélectionné puis adapté avant d’être présenté au client ou utilisé dans la communication.
Une nouvelle manière d’innover
Grâce à l’intelligence artificielle, Les Aventuriers du Biscuit peuvent désormais tester beaucoup plus facilement de nouvelles idées.
Avant même de fabriquer un biscuit, l’entreprise peut imaginer une nouvelle collection, explorer plusieurs univers graphiques ou présenter différentes pistes créatives à un client.
Cette capacité à expérimenter rapidement favorise l’innovation tout en limitant les coûts et les pertes de production.
Le conseil de la dirigeante
Selon la dirigeante, il n’est pas nécessaire d’être graphiste ni spécialiste de l’intelligence artificielle pour commencer. La curiosité et l’envie d’expérimenter suffisent souvent à découvrir les premiers usages utiles.
Elle recommande également d’alimenter systématiquement les outils avec les éléments propres à son entreprise (couleurs, charte graphique, univers de marque) afin d’obtenir des créations cohérentes avec son identité.
L’intelligence artificielle devient alors un véritable prolongement de la créativité de l’entreprise, plutôt qu’un simple générateur d’images.
Le récap’
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