Baromètre Konica Minolta de la sérénité numérique 2026 : les PME entre sérénité affichée et transformation numérique subie

Transformation numérique : ce que révèle le Baromètre Konica Minolta de la sérénité numérique 2026
La transformation numérique se poursuit dans les PME françaises, mais son niveau de maturité reste contrasté. C’est le principal enseignement du Baromètre Konica Minolta de la sérénité numérique 2026, réalisé avec l’Institut Occurrence (Groupe IFOP) auprès de 500 entreprises françaises, dont 400 PME.
L’étude s’intéresse aux principaux enjeux numériques auxquels les entreprises sont confrontées : stratégie numérique, intelligence artificielle, cybersécurité, cloud, facturation électronique, souveraineté des données et dématérialisation.
Une transformation engagée mais encore peu structurée
Selon le baromètre, 84 % des PME se déclarent sereines face au numérique. Pourtant, seules 25 % disposent d’une stratégie numérique formalisée, tandis que 33 % indiquent être en cours de formalisation.
L’étude souligne ainsi un décalage entre le sentiment de confiance affiché par les entreprises et le niveau de structuration de leur transformation numérique.
Les écarts restent importants avec les ETI : 47 % d’entre elles disposent déjà d’une stratégie numérique formalisée.
Les principaux freins restent humains et organisationnels
Les obstacles à la transformation numérique sont d’abord liés à l’organisation de l’entreprise plutôt qu’à la technologie. Les PME interrogées citent principalement :
- la résistance des collaborateurs (45 %) ;
- les coûts initiaux des projets (45 %) ;
- la complexité de mise en œuvre (40 %) ;
- la complexité des normes et réglementations (36 %).
Intelligence artificielle : un intérêt croissant mais une gouvernance encore insuffisante
L’intelligence artificielle continue de susciter un intérêt croissant. Plus d’une PME sur deux (53 %) considère désormais l’IA comme une opportunité. En revanche, seules 26 % déclarent en faire un usage réel.
Lorsque l’IA est utilisée, les usages concernent principalement les grands modèles de langage (LLM) et l’IA générative.
L’étude met également en évidence un manque de gouvernance. Neuf PME sur dix ne disposent d’aucun cadre spécifique pour encadrer l’utilisation de l’IA.
Cette absence de règles favorise le développement de pratiques d’informatique fantôme (shadow IT), avec l’utilisation d’outils ou de services non validés par l’entreprise, sans contrôle des traitements de données ni traçabilité.
Un problème d’autant plus important que le baromètre souligne que le niveau de vigilance reste faible. Les répondants évaluent leur niveau de stress lié à ces enjeux à seulement 1,3 sur 5.
Cybersécurité : des progrès, mais des marges d’amélioration
La cybersécurité figure désormais parmi les priorités des PME. Mais selon l’étude, si 63 % disposent d’une stratégie dédiée, 37 % n’en ont toujours aucune.
Les principales préoccupations portent sur :
- le piratage (57 %) ;
- les virus (48 %) ;
- le vol de données (42 %) ;
- les interruptions d’activité (40 %).
Concernant les obligations réglementaires, 53 % des PME estiment être suffisamment informées, tandis que 47 % déclarent ne pas l’être.
Le cloud poursuit sa progression
Le recours au cloud continue de progresser. Selon le baromètre, 58 % des PME utilisent des services cloud.
Les bénéfices les plus souvent cités sont :
- les sauvegardes (56 %) ;
- la facilité d’accès aux données (52 %) ;
- la mobilité (46 %) ;
- la collaboration (45 %).
Les principales inquiétudes concernent toutefois :
- la sécurité des données (49 %) ;
- leur confidentialité (48 %) ;
- la dépendance vis-à-vis du prestataire (47 %).
Souveraineté numérique : une préoccupation qui progresse
L’étude montre que les questions de souveraineté prennent davantage d’importance. Parmi les entreprises utilisant le cloud, la dépendance aux fournisseurs constitue le principal frein (51 %).
Les critères liés à l’hébergement des données gagnent également en importance :
- 38 % citent la localisation des données en France ;
- 31 % évoquent les enjeux de souveraineté.
Facturation électronique : une priorité mais une préparation encore limitée
La réforme de la facturation électronique est désormais largement identifiée par les PME. Selon le baromètre :
- 75 % en ont connaissance ;
- 56 % en font une priorité.
En revanche, leur niveau moyen de préparation n’est évalué qu’à 2,4 sur 5, ce qui traduit un décalage entre la prise de conscience et la mise en œuvre opérationnelle.
La dématérialisation reste un axe majeur de transformation
Les priorités numériques citées par les PME sont :
- la dématérialisation (55 %) ;
- la sécurisation des accès ;
- la formation des collaborateurs (38 %).
Par ailleurs, six PME sur dix estiment qu’un retard dans leur transformation numérique pourrait avoir un impact négatif sur leur performance.
Green IT : privilégier la sobriété
Les enjeux environnementaux restent secondaires dans les critères de décision. Seules 31 % des PME les considèrent comme déterminants et 67 % ne sont pas prêtes à supporter un coût supplémentaire. En revanche, plusieurs pratiques de sobriété numérique sont déjà largement mises en œuvre :
- prolongation de la durée de vie des équipements (75 %) ;
- sensibilisation des collaborateurs (56 %) ;
- recours à une seconde vie des matériels (54 %) ;
- limitation du suréquipement (53 %).
Un accompagnement jugé perfectible
Enfin, l’étude indique que 79 % des entreprises sont accompagnées par un prestataire dans leur transformation numérique.
Toutefois, seule une PME sur deux estime être réellement bien accompagnée, ce qui montre que la qualité de l’accompagnement constitue un enjeu aussi important que son existence.
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