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IA à l’école : « le système actuel risque de créer une situation autobloquante », alerte le CIANum

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L’intelligence artificielle s’est imposée dans les établissements scolaires français bien avant que les politiques publiques n’en aient organisé l’encadrement. C’est le rappel que fait le Conseil de l’intelligence artificielle et du numérique (CIANum) dans un rapport de 308 pages publié en juin 2026, intitulé « Sortir de la clandestinité : mettre l’IA au service d’une nouvelle ambition pour le système éducatif ». Adressée en priorité à l’Éducation nationale, cette note touche néanmoins à plusieurs enjeux qui concernent directement les collectivités territoriales.

Le premier, et le plus structurant, est celui du financement. Le rapport pointe une situation qu’il qualifie lui-même « d’autobloquante » : l’État prend en charge les contenus et services numériques nationaux, les collectivités locales financent les équipements, et les établissements assument le reste sans qu’aucun arbitrage clair ne règle la répartition des coûts. Résultat : chaque acteur attend que l’autre prenne l’initiative, et les projets d’envergure peinent à voir le jour. Le rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR), cité en appui, va jusqu’à recommander de « pérenniser, par une coopération entre État et collectivités territoriales, la prise en charge financière d’outils numériques et d’IA au même titre que les manuels scolaires ». La formulation donne aux outils numériques le statut de matériel pédagogique essentiel relevant de la responsabilité partagée de la puissance publique. La recommandation 11 du rapport ( la dernière) appelle à l’organisation, avant la fin de l’année, d’une conférence nationale de financement réunissant l’État, Régions de France, Départements de France et l’Association des maires de France.

Cette impasse financière n’est pas nouvelle. Le programme Territoires numériques éducatifs (TNE), opéré par la Banque des Territoires, a mobilisé près de 200 millions d’euros depuis 2020 via des conventions tripartites associant collectivité cheffe de file, académie et Banque des Territoires. Le CIANum en fait un bilan mitigé : équipements parfois insuffisants, données d’évaluation « absentes, inaccessibles ou inutilisables », et retours de la communauté éducative « ambivalents ». L’évaluation longitudinale des dix départements engagés dans la vague PIA 4 est encore en cours.

Le diagnostic est partagé par les représentants des collectivités eux-mêmes. Valérie Nouvel, vice-présidente du département de la Manche et présidente du groupe de travail numérique éducatif de Départements de France, auditionnée dans le cadre du rapport, pointe « un fort manque de dialogue entre l’Éducation nationale et les collectivités territoriales » et l’absence de suivi des effets sur le terrain, notamment en matière de protection des données. Le rapport identifie enfin des fractures numériques territoriales (pointant des zones insuffisamment desservies en fibre, des équipements vieillissants), et y voit un facteur d’aggravation des inégalités scolaires, renvoyant directement aux politiques d’aménagement numérique des territoires.

Source: https://www.banquedesterritoires.fr/ia-lecole-le-systeme-actuel-risque-de-creer-une-situation-autobloquante-alerte-le-cianum?pk_campaign=Flux%20RSS&pk_kwd=numerique&pk_source=Actualit%C3%A9s%20Localtis&pk_medium=RSS%20Thematique

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