L’IA s’invite dans les TPE et PME : un essor récent mais rapide

Le point sur le développement de l’IA au sein des TPE PME
Le Crédoc revient sur les résultats du Baromètre France Num 2025 qui mesure la transformation numérique des petites et moyennes entreprises en France (0 à 249 salariés). Dans une note de 4 pages, publiée dans la collection Consommation & Modes de Vie, il fait le point sur la numérisation des TPE et PME.
Les résultats de l’enquête 2025 montrent l’essor rapide de l’intelligence artificielle. Longtemps perçue comme une technologie complexe et réservée aux grandes entreprises, elle s’invite désormais dans le quotidien des petites et moyennes structures. Les TPE PME commencent à tirer parti de l’IA pour transformer leur fonctionnement, enregistrer des gains d’efficacité et relever de nouveaux défis.
Portée par des besoins très concrets (gain de temps, simplification des tâches, optimisation des coûts) l’IA se diffuse à travers des usages pragmatiques, souvent expérimentaux, mais en progression rapide. Assistants conversationnels, génération de contenus, automatisation de certaines tâches : ces outils transforment progressivement les pratiques professionnelles, sans pour autant remplacer la décision humaine.
Certaines entreprises restent toutefois en retrait, faute de compétences, de temps ou de visibilité sur les bénéfices et se montrent méfiantes, en raison de l’augmentation des risques en matière de cybersécurité.
2025 : une accélération du recours à intelligence artificielle
En 2023, seules 5 % des TPE-PME déclaraient utiliser des outils d’IA à des fins professionnelles ; elles sont désormais 26 % en 2025. L’arrivée d’outils intégrant directement des fonctions d’IA – souvent via des abonnements mensuels – a fortement abaissé les barrières à l’entrée. Bon nombre d’entreprises utilisent l’IA sans même la nommer, à travers des logiciels déjà en place.
Les usages sont particulièrement développés dans les secteurs des NTIC (56 %), des services spécialisés et techniques (41 %) ou des activités financières (30 %). À l’inverse, ils restent très limités dans l’agriculture (9 %) et aussi dans le transport et la logistique, le bâtiment et la construction et les industries agroalimentaires (15 % chacun).
La taille de l’entreprise joue également un rôle important. Le recours à l’IA passe de 23 % dans les entreprises de 1 à 4 salariés à 42 % dans celles de 50 à 249 salariés. Les écarts générationnels et sociaux sont également marqués : les dirigeants les plus jeunes et les plus diplômés l’utilisent plus souvent.
Des usages principalement centrés sur l’IA générative
L’usage de l’IA est surtout tiré par les solutions d’IA générative pour produire du texte et de l’image, ainsi que par le recours aux assistants conversationnels (chatbot). Pour les TPE et PME, l’AI est une réponse pragmatique à des contraintes bien réelles : manque de temps, effectifs réduits, pression concurrentielle, attentes accrues des clients. Les usages suivent souvent une trajectoire progressive : découverte individuelle, phase d’expérimentation, besoin de formation, formalisation de règles internes (charte d’usages), puis intégration dans les outils métiers.
Le manque de temps et de compétences, principaux freins
De nombreux dirigeants déclarent manquer de temps ou de connaissances pour comprendre les outils disponibles, former leurs équipes ou identifier les usages pertinents pour leur activité. Et les interrogations sur la fiabilité des contenus produits les incitent fortement à la prudence. Les enjeux de confidentialité et de sécurité des données apparaissent particulièrement sensibles. Le cadre réglementaire représente également une difficulté.
Enfin, certaines TPE/PME ne voient pas de pertinence à intégrer l’IA dans leur activité, souvent parce que leur métier repose sur un savoir-faire artisanal, manuel ou très spécifique.
Un risque de décrochage numérique dans certains secteurs
Les structures les plus avancées continuent de progresser et d’intégrer de nouveaux outils, dont l’IA, tandis que d’autres restent en retrait, voire en difficulté. Cette fracture numérique est particulièrement marquée parmi les plus petites entreprises et dans certains secteurs (agriculture, BTP), où les contraintes économiques et organisationnelles freinent l’adoption et peuvent conduire à un décrochage numérique.
Dans ce contexte, le développement de l’intelligence artificielle ouvre des perspectives d’usages diversifiés pour les TPE-PME dans les années à venir. Au-delà des premières applications déjà observées, ces technologies pourraient progressivement investir de nombreux domaines, tels que l’automatisation des tâches administratives, l’amélioration de la relation client, l’aide à la décision, la gestion des flux ou encore l’optimisation de la production.
L’enjeu pour les entreprises ne sera probablement plus de « faire de l’IA », mais plutôt de savoir utiliser efficacement des outils qui intégreront progressivement des fonctionnalités d’intelligence artificielle de manière invisible. Cette diffusion dépendra toutefois de plusieurs conditions : l’accompagnement des dirigeants, le développement des compétences, la clarification du cadre réglementaire et la capacité des entreprises à instaurer un climat de confiance autour des usages numériques.
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