Sécurité des biens culturels : Chambord innove

À l’occasion d’un déplacement du ministre Jean-Didier Berger à Chambord (41), où se réunissaient les directeurs départementaux des services d’incendie et de secours (Sdis) de France, le Sdis de Loir-et-Cher et le domaine national de Chambord ont présenté, ce 27 mai, le « premier plan de sauvetage des biens culturels numérique », et qui comprend également le plan Étare (pour les « établissements répertoriés »).
Tablette numérique
Concrètement, l’outil prend la forme d’une visite guidée du château – de fond en comble – sur une tablette numérique répertoriant toutes les œuvres à évacuer en cas d’incendie, avec un ordre de priorité, et présentant pour chacune d’entre elles une fiche d’identité (type, localisation, dimensions, poids…), le matériel et le nombre de personnes nécessaires à son démontage ainsi que les manipulations à effectuer pour procéder à ce dernier. L’outil fournit en outre le plan de l’édifice, aux allures de labyrinthe, précisant les zones d’approche, d’échange ou encore de repli. « La force du Sdis, c’est son approche très opérationnelle, pas dogmatique », met en avant le directeur général des services du domaine, Guillaume Lericolais.
Une innovation dont Pierre Dubreuil, à la tête du domaine, n’est pas peu fier. « Alors que Chambord est un lieu d’innovation par excellence, nous souhaitons que le domaine continue d’être un objet d’expérimentation et d’innovation », souligne-t-il.
Notre-Dame, « l’électrochoc »
À la source, « un électroc, l’incendie de Notre-Dame », confesse le colonel Mohammed Kharraz, directeur du Sdis. Un événement qui a conduit ce service à acter dans le schéma départemental d’analyse et de couverture des risques (Sdacr), révisé en 2022, l’élaboration d’une doctrine départementale de sauvegarde des œuvres lors de sinistres et l’accompagnement renforcé du domaine, officialisé en février 2024 via la signature d’une convention, « unique en France », entre le domaine et le Sdis, sous le patronage de la préfecture. Une « mission patrimoine » était alors créée, placée sous la responsabilité du commandant Vasseur, notamment chargée de l’élaboration de l’outil : « Un an de travail », précise-t-il auprès de Localtis, mené par l’adjudant-chef Romain Hilary. Il souligne que le projet a bénéficié du soutien du directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, Julien Marion, notamment dans le cadre du premier séminaire national des services d’incendie et de secours consacré à la protection du patrimoine culturel, tenu… à Chambord en novembre 2024. Un événement qui a également donné lieu à la mise en place de deux groupes de travail : l’un chargé de l’élaboration d’un guide Orsec G8 de protection du patrimoine culturel, publié en septembre 2025, l’autre d’un guide de doctrine opérationnelle de protection des biens culturels, en cours de validation.
Saluant ceux qui « sont chargés d’un petit bout d’éternité », le ministre a formé le vœu que cette innovation « fasse des petits ». C’est déjà le cas dans le département, puisque le Sdis a déployé le même outil avec le château de Blois – Maison de la magie et est en train de le faire avec celui de Chaumont-sur-Loire. Il y a matière, puisque dans son récent rapport sur la sécurisation des collections publiques, salué par Jean-Didier Berger, le député Christophe Marion (EPR, Loir-et-Cher) relevait que moins de 20% des musées de France sont dotés d’un PSBC.
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