IA générative pour les cabinets d’expertise comptables : guide pratique

Sécuriser l’usage de l’IA générative en cabinet
Compte tenu des obligations relatives au secret professionnel et au RGPD, l’utilisation de l’IA générative doit s’inscrire dans un cadre rigoureux pour protéger les intérêts du cabinet et de ses clients.
La mise en place d’une charte d’utilisation de l’IA au sein du cabinet est une brique importante pour fiabiliser son usage : elle formalise les bonnes pratiques et sensibilise les collaborateurs aux enjeux de confidentialité. Le Conseil national de l’ordre des experts-comptables (CNOEC) propose d’ailleurs un modèle de charte librement adaptable aux spécificités du cabinet (pdf).
Attention toutefois, une charte sans formation préalable ne produira que peu d’effets à l’égard de vos collaborateurs. Nous vous conseillons d’informer et former ces derniers
avant la signature de la charte IA et le déploiement d’une solution. Une fois cette base solide posée, il devient possible d’aborder sereinement l’automatisation de certaines tâches. Par où commencer ?
Quelles tâches confier à l’IA ?
Les bénéfices de l’IA générative se voient rapidement dans les cabinets qui l’adoptent. Une étude majeure du MIT et Harvard a récemment démontré un gain de 25 % en rapidité d’exécution et une amélioration de 12 % de la productivité globale.
Pour autant, malgré les formations, l’étendue des possibilités de l’IA générative peut paralyser : quand tout ou presque est possible, il peut être difficile de déterminer des priorités, estime une autre étude (pdf). Il est donc recommandé de choisir les tâches à automatiser en privilégiant celles :
- réalisées par des humains, plutôt que par des solutions existantes : l’objectif n’est pas de remplacer un outil fonctionnel par de l’IA, mais plutôt d’accélérer les tâches non automatisées ou d’en faire de nouvelles ;
- effectuées par le plus grand nombre de collaborateurs possible : en facilitant leur vie, on accélère l’adoption de l’IA au sein du cabinet ;
- répétitives, pour maximiser la productivité et rentabiliser l’investissement en temps.
Quelles applications de l’IA en cabinet ?
L’IA générative ouvre de nouvelles perspectives dans de nombreux secteurs.
En communication, bien sûr, pour faciliter la rédaction de mails, de comptes-rendus de réunions, la création de contenus pour les réseaux sociaux ou la traduction de documents, par exemple.
Pour la création de code informatique, ensuite, notamment en VBA et Python, simplifiant considérablement l’importation des données clients.
Dans le domaine de l’audit, dans lequel l’IA fait déjà ses preuves : aux États-Unis, par exemple, certaines structures ont développé un outil capable de tester des contrôles en cybersécurité, faisant économiser 90 à 100 heures de travail sur cette tâche.
En support interne également, l’IA générative permet la création d’un chatbot qui répond aux questions sur les politiques et procédures de l’entreprise.
En matière de veille et d’analyse, l’IA vulgarise des textes juridiques complexes et détecte les impacts pratiques pour une typologie de clients donnée. Son potentiel s’étend également à l’analyse prédictive des données financières et à la détection d’anomalies dans les comptes, renforçant ainsi la qualité du contrôle et de l’analyse financière.
Parmi les applications les plus prometteuses (pdf)s, on trouve notamment la comptabilité prédictive, l’analyse de la santé financière via des tableaux de bord automatisés, la détection des fraudes ou le conseil en gestion de trésorerie. Ces cas d’usage prennent tout leur sens avec la généralisation prochaine de la facturation électronique.
En générant un flux massif de données structurées, cette réforme ouvre en effet la voie à de nouvelles applications de l’IA générative. Indépendamment des scenarii envisagés, in fine la logique est la même : libérer les professionnels des tâches chronophages pour se
concentrer sur les aspects plus complexes nécessitant leur expertise. Mais pour saisir ces opportunités, encore faut-il choisir la bonne solution d’IA générative.
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